Un colloque pour partager et protéger la terre à l’Assemblée nationale

Le 27 novembre s’est tenu, à l’Assemblée nationale, le colloque «Partager et Protéger la terre» que nous avons organisé avec les députés Dominique Potier et Jean-Michel Clément. Un moment fort qui a rassemblée un large nombre d’acteurs pour faire le bilan et recueillir les propositions en matière de protection du foncier.

Élus, chercheurs, représentants du monde agricole, d’ONG, d’associations environnementales et de collectivités sont venus en nombre pour participer et assister à cette conférence éclairante.
Trois heures importantes pour évoquer le sujet dans ses nombreuses dimensions : climat, biodiversité, accès à la terre, agroécologie, statut juridique du sol, artificialisation et accaparement des terres, régulation des marchés…

📣L’occasion de lancer un appel de neuf mesures pour répondre aux enjeux, aux menaces, aux attentes en matière de foncier agricole.

🔴 Retrouvez la vidéo du facebook live sur https://www.facebook.com/potierdominique/videos/2475494442697972/


Retrouvez mon discours d’introduction

Mesdames et Messieurs les députés, Mesdames et messieurs,

Je voulais d’abord vous remercier d’être présents en si grand nombre aujourd’hui pour évoquer ce sujet majeur, qu’est la préservation du Foncier Agricole.

Je remercie également Dominique Potier et Jean-Michel Clément d’avoir permis la tenue de ce colloque et nos intervenants qui animeront les échanges.

Monsieur le ministre de l’agriculture ne peut malheureusement pas se joindre à nous mais le cabinet s’est montré très intéressé par ce colloque qui a la qualité d’être transpartisan.

Député des Hautes-Pyrénées, je sais combien ce sujet est prégnant dans nos campagnes. Il touche une multitude d’acteurs dont le panel est bien représenté ici : monde agricole, collectivités, associations environnementales. Votre présence en masse illustre les enjeux.

Ce fut très clair lors de la Mission d’information sur le foncier agricole. Avec les autres députés et les rapporteurs nous avons pu auditionner un large éventail de parties prenantes et travailler en commun avec des élus très engagés, comme Dominique et Jean-Michel. Les acteurs nous ont exprimé leur forte volonté de travailler sur le sujet, nos rencontres sur le territoire, comme au colloque de Poitiers, ont confirmé cet élan commun.

Le rapport rendu constitue une première étape qui, je pense, ne doit pas s’arrêter là.

L’appel que nous portons n’est pas seulement une initiative de trois députés. Les propositions qu’il contient sont la synthèse d’un travail de fond qui a mis en lumière que les outils actuels ne répondent plus aux besoins de préservation du foncier.

Lutter contre l’exploitation intensive, l’artificialisation, la dégradation du dessus et du dessous sont au cœur de cette politique du réajustement.

Aussi, les grandes idées affichées par cet appel ne doivent pas laisser imaginer qu’elles ne sauront pas se traduire par des mesures concrètes.

Cet appel doit constituer le terreau de nouvelles mesures capables de répondre aux enjeux, aux menaces, aux attentes : en somme, de créer des leviers adaptés à l’agriculture d’aujourd’hui mais aussi à celle de demain.

Ces propositions devront ensuite être traduites en actes pour s’attaquer aux écueils identifiés et régler les conflits d’usage qui atteignent la ressource agricole, tout en répondant aux défis du 21em siècle (écologiques, économiques, sociaux et alimentaires). Une mission de taille quand on mesure l’imbrication de tous les dispositifs.

L’importance du sol et de ce qu’il renferme nécessite de le placer sous protection. Cette étape constitue le préalable nécessaire pour fonder le nouveau socle de cette politique agricole et les mesures qui seront prises pour l’appliquer.

Parallèlement il faut encourager et donner des garanties à nos agriculteurs.

Réguler les marchés fonciers tout en permettant un accès à la terre aux nouvelles générations ont été longtemps au cœur des réflexions menées par notre mission d’information.

Nous avons besoin d’assainir le système, de l’améliorer et de le rendre plus attractif, plus juste, en adéquation avec nos exigences sociales et environnementales. Il faut également rééquilibrer les forces.

Agriculture et environnement ne sont pas incompatibles. Le développement de pratiques vertueuses le démontre et il nous appartient de prendre des mesures efficaces qui soient facilitatrices en la matière. Consolider le statut du fermage par exemple, dans sa partie environnementale en incitant aux techniques plus vertueuses n’est pas irréaliste.

A côté de cela rapprochons monde agricole et société civile, j’ai déjà eu l’occasion de revenir sur la tristesse de l’agribashing ; à l’heure où les citoyens s’intéressent toujours plus chaque jour à ce qu’ils mangent et au savoir-faire qui produit cette nourriture, une relation pacifiée est la condition fondamentale à un système réussi et cautionné par tous.

Aujourd’hui le seul avenir infaillible sera celui qui portera l’innovation commune avec les agriculteurs, les éleveurs, les vignerons, les consommateurs, les chercheurs, les associations, les élus…

Nous avons encore beaucoup de choses à apprendre du monde agricole, mais nous pouvons d’ores et déjà mettre en place un certain nombre de mesures : car le monde agricole est prêt et attend des décisions fortes. Soyons au rendez-vous.