Un Agenda Rural pour réduire les inégalités et valoriser nos territoires

Le 31 janvier dernier, le Conseil économique social et environnemental régional (CESER) Occitanie auditionnait un certain nombre de personnalités dans le cadre de la rédaction de son rapport sur « Les Ruralités : des solutions d’avenir pour l’Occitanie ». J’ai ainsi pu apporter des éléments concrets sur les nouvelles mesures en faveur des territoires ruraux que porte l’Agenda Rural.

Aujourd’hui nous faisons le constat grave d’une France à deux vitesses dans laquelle nos territoires ruraux se sentent invisibilisés, délaissés, incompris. Réduire les inégalités territoriales est devenue la priorité. Cette priorité, le Président de la République veut l’insuffler dans nos différentes politiques publiques, elle s‘inscrit également dans la résolution sur l’agenda rural européen votée au parlement en 2018 qui marque le début des réflexions sur le sujet au sein du Gouvernement.

Pour formuler des propositions concrètes et efficaces, une Mission ruralité a été mise en place afin d’identifier et prioriser les mesures pour le développement des territoires ruraux.

Cinq élus ruraux ont ainsi formulé 200 recommandations. Elles portent notamment sur l’écologie (mieux identifier les biens collectifs naturels, lutter contre l’artificialisation des sols…), l’économie (soutenir l’emploi, la formation, les commerces de proximité, l’accès au numérique…), la cohésion sur le territoire (accès aux soins, accompagnement des personnes âgées, mobilité, culture…) et le travail des élus (améliorer la coopération territoriale, pouvoir des maires …). Avec au cœur de chaque disposition, deux idées fortes :  adaptabilité aux différents enjeux locaux et association des acteurs existants.

L’Agenda Rural élaboré par le Gouvernement en est l’expression même, il reprend la quasi intégralité des 200 propositions pour les insérer dans toutes les lois jusqu’à la fin du quinquennat. En effet, il n’y aura pas de grande loi sur la ruralité, notamment parce que les propositions concernent plusieurs ministères et sont de nature très différente.

Un comité de suivi interministériel et la nomination de « référents ruralité » dans chaque ministère permettra une application rigoureuse et réussie des mesures de l’Agenda Rural.

Les mesures phares de l’Agenda

Pour la jeunesse

  • « La Boussole des jeunes » : faciliter l’accès des jeunes ruraux aux services qui leur sont proposés au niveau national et local et dont ils n’ont, aujourd’hui, pas toujours connaissance (cartes de réduction pour les transports, offres d’abonnements culturels et sportifs, dispositifs de recherche d’emploi …)

Pour le commerce et la proximité

  • Redynamiser les petites villes :maintenir et développer le commerce, conforter les services, accélérer la réhabilitation des logements et valoriser le patrimoine et le caractère des petites villes de moins de 20 000 habitants.
  • Petits commerces : lutter contre la disparition des petits commerces dans les villages et favoriser leur réimplantation.
  • 1000 cafés : faciliter la réimplantation des restaurants et cafés dans les communes rurales afin de recréer de l’activité et de convivialité dans les territoires ruraux.
  • 150 tiers-lieux seront déployés dans les territoires ruraux, sur les 300 prévus, dans le cadre du programme « Nouveaux lieux, nouveaux liens »
  • Micro-Folies : déployer dans les territoires volontaires des tiers-lieux culturels innovants.

Pour l’inclusion numérique

  • Nouvelles technologies : résorber les zones blanches pour ne pas laisser les territoires ruraux à l’écart des nouvelles technologies ; instaurer un seuil minimal de sites 5G à déployer dans les territoires ruraux.
  • Campus connectés : permettre aux jeunes bacheliers habitant en zones rurales de poursuivre leurs études supérieures à distance.

Pour davantage de services publics

  • Une maison France Services labellisée dans chaque canton : permettre à tous les habitants de disposer d’un socle de services publics à proximité de chez eux en créant au moins une maison France Services par canton, d’ici la fin du quinquennat.
  • 600 médecins salariés : résorber les déserts médicaux en portant à 600 le nombre de médecins salariés que le Gouvernement s’est engagé à recruter dans les zones sous-denses, au lieu de 400.

Pour l’emploi

  • Stages et alternance : faciliter les stages des collégiens de 3e et l’alternance.
  • Augmenter le nombre de bénéficiaires des dispositifs d’insertion par l’activité économique de 40 000 habitants en zones de revitalisation rurale (ZRR).

Pour en savoir plus sur l’Agenda rural