Réforme de l’école : attention aux rumeurs et contre-vérités

En ce jour de mobilisation de la communauté éducative, il me parait utile de préciser les principes généraux du projet de loi « Ecole de la confiance » adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, qui suscite interrogations et inquiétudes.

 

Ce texte vise 2 objectifs généraux : l’élévation du niveau et la justice sociale, avec plusieurs mesures phares :

  • Scolarisation à 3 ans ;
  • Renforcement de la formation initiale ;
  • Pré-recrutement des enseignants ;
  • Recours à l’expérimentation ;
  • Meilleure évaluation des établissements.

S’il reste encore beaucoup à faire pour la réussite de tous les élèves et le relèvement de l’éducation nationale, ces mesures co-construites avec le Ministre Jean-Michel Blanquer constituent de réelles avancées.

Pourtant, depuis quelques jours, beaucoup de rumeurs et de contre-vérités circulent autour de la loi « Ecole de la confiance », c’est pourquoi il me semble important de rétablir quelques vérités afin de dissiper les malentendus sur cette réforme.

NON, les écoles maternelles ne vont pas disparaître. Cette ambition prend justement corps dans l’article 2 du projet de loi, qui consacre l’école maternelle dans le Code de l’éducation. C’est pourquoi une phase transitoire est prévue par la loi : dans un délai de 2 ans maximum, les jardins d’enfants devront adapter leur activité en crèche, en périscolaire ou en école maternelle privée, car ils ne pourront à terme plus accueillir les enfants entre 3 et 6 ans, qui iront désormais obligatoirement à l’école maternelle. Avec l’obligation de scolariser les enfants dès l’âge de 3 ans, c’est aux structures privées de se hisser au niveau d’exigence attendu pour l’instruction des plus petits.

 

En outre, pour les communes, les coûts induits par l’accueil des effectifs supplémentaires seront compensés par l’Etat.

 

NON, les écoles primaires ne seront pas obligées de fusionner avec des collèges. La création de l’établissement public des savoirs fondamentaux (EPSF) ne conduira pas non plus à supprimer des écoles rurales. C’est précisément pour les renforcer que les EPSF sont créés, à l’initiative des collectivités territoriales. Le cadre législatif offre ainsi une souplesse aux collectivités qui pourront l’adapter à leurs spécificités locales. Aucun projet ne verra le jour sans l’accord des maires, du Conseil départemental et du recteur. La création de l’EPSF reposera sur l’accord de tous les acteurs locaux : la communauté éducative et les élus. Il représente une liberté nouvelle et non une obligation. Il n’a nullement vocation à faire disparaître des écoles, mais au contraire à les conforter en les rapprochant du collège. L’objectif est de créer une continuité dans les parcours scolaires pour éviter les effets de ruptures.

 

NON, les directeurs d’école ne vont pas être supprimés. Au contraire, la réforme entend poursuivre l’objectif de la création d’un statut spécifique de directeur d’école afin de le rapprocher de celui de chef d’établissement du second degré. Cette évolution semble aujourd’hui indispensable, compte tenu des responsabilités et du manque de temps, de moyens et parfois de légitimité rencontré aujourd’hui par les directeurs d’école. Si une école est associée au nouvel EPSF, il y aura toujours un principal en charge du collège et un directeur responsable de l’école. Chaque école conservera son responsable qui restera l’interlocuteur des familles et de la municipalité. Il conservera son niveau indemnitaire et toutes ses fonctions. Les directeurs resteront les piliers de l’école.

Conscient des inquiétudes et des interrogations qui ont émergé sur les EPSF, le Ministre de l’Education nationale s’est engagé à proposer une nouvelle rédaction de cet article lors de l’examen du texte au Sénat en mai. Nous participerons, en tant que députés de la majorité, à ce travail d’éclaircissements et de garantie.

 

Soyez sûrs que je veillerai au respect de nos engagements : renforcer l’école républicaine, pour la réussite scolaire de nos enfants et l’amélioration des conditions d’exercice des enseignants et directeurs d’école.