Qu’est-ce-que le Ségur de la Santé, la concertation pour renouveler notre système de santé ?

Lancé ce lundi 25 mai par le Premier ministre et le ministre des solidarités et de la santé, le Ségur de la Santé répond à l’engagement du Président de la République pris le 25 mars lors de son discours de Mulhouse, dans lequel il souhaitait qu’un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières soit construit à l’issue de la crise.

Le Ségur de la Santé, qui réunit les acteurs de la santé et du grand âge, doit permettre une réaction forte pour dénouer les blocages du système et construire l’avenir de l’hôpital et plus largement une nouvelle organisation des soins.

Alors que le diagnostic avait déjà été posé sur les problèmes de notre système de santé, le cap fixé par le Gouvernement, à travers notamment le plan « Ma Santé 2022 », le plan d’urgence pour l’hôpital et plus globalement, la fin de la baisse des budgets de la santé, l’encouragement des coopérations entre médecine de ville et l’hôpital, le secteur médico-social, était le bon pour privilégier la qualité des soins.

Aujourd’hui le Gouvernement veut aller plus loin et plus vite, la crise en a révélé la nécessité. La concertation qui commence doit déboucher sur des décisions en juillet. Le rythme du changement et les moyens nouveaux pour l’hôpital doivent changer le quotidien des personnels soignants dans les prochains mois.

Dans cet optique, le Premier ministre a proposé cinq enjeux clefs pour structurer le Ségur de la Santé :

1) Montrer notre reconnaissance aux soignants et garder intactes leur motivation et leur vocation notamment par une revalorisation significative des rémunérations, comme le sera l’augmentation de l’Ondam dans les années à venir. Nous devons aller aussi plus loin dans les formations et la montée en compétence.

2) L’investissement et les modalités de financement de l’hôpital. La reprise d’un tiers de la dette des hôpitaux publics (soit environ 10 milliards d’euros) ainsi que le lancement d’un plan d’aide à l’investissement de proximité de 150 millions d’euros par an ont déjà été annoncés. Pour aller plus loin, le Gouvernement lancera un vaste plan d’aide à l’investissement qui viendra compléter cette reprise massive de dette. Une partie de ce programme doit être dédiée aux investissements au niveau des territoires pour accélérer les coopérations entre la ville, l’hôpital, le médico-social et entre le public et le privé.

3) Lever les freins à la réforme du système de santé et retrouver de l’agilité. La crise a permis la matérialisation d’un choc de simplification, il faut le conserver dans tous les domaines : le fonctionnement interne des hôpitaux, les liens avec les ARS et les ressources humaines. Il faut notamment trouver un mode de management qui responsabilise chacun, avec de véritables possibilités d’agir.

4) Bâtir une nouvelle organisation territoriale du système de santé intégrant l’hôpital, la médecine de ville et le médico-social. Cela pourrait notamment s’appuyer sur des dynamiques à l’œuvre, avec la mise en place des assistants médicaux et le déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (pour couvrir le territoire national d’ici un an) ; en outre, les retours d’expérience de la crise permettront aussi d’identifier les meilleures pratiques et d’en tirer les conséquences.

5) La modernisation avec le numérique, intégrant notamment la télémédecine, la mise en place de l’espace numérique de santé, et l’exploitation des données.