Examen du projet de loi « agriculture et alimentation » : mon intervention dans l’Hémicycle à l’occasion des débats sur la restauration collective (article 11)

L’article 11 du projet de loi « EGALIM » prévoit que les repas servis dans les restaurants collectifs publics comprendront obligatoirement, à partir du 1er janvier 2022, au moins 50 % de : produits bio, à faible impact environnemental, issus du commerce équitable ou bénéficiant de labels de qualité.

 

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Circuits courts et de proximité, c’est bien là l’un des objectifs majeurs de l’article 11 !

 

Sachant que la restauration collective représente chaque année 68% des repas servis hors domicile – soit 3 milliards de repas – et que l’agriculture bio connaît actuellement un fort développement, l’impact de l’article 11 est particulièrement attendu.

 

On peut légitimement espérer qu’il permettra d’atteindre l’engagement du président de la République d’atteindre 50% de produits bio ou locaux en restauration collective d’ici 2022 ».

 

C’est un objectif essentiel car la restauration collective permet à la fois d’améliorer la qualité des repas, de sensibiliser plus largement les convives aux fondamentaux d’une alimentation saine, mais aussi de favoriser la structuration de plateformes régionales ou locales, facilitant l’accès des agriculteurs à ces marchés.

 

Un des enjeux pour améliorer la qualité des repas porte notamment sur la capacité des gestionnaires à s’approvisionner en circuit court pour respecter la saisonnalité des produits consommés et d’encourager le maintien d’une agriculture de proximité.

 

A ce titre je crois beaucoup aux politiques de promotion des filières territorialisées par l’organisation de groupements de commandes publiques et privées au niveau local.

Dans les Hautes-Pyrénées, une plateforme départementale lancée sur l’initiative de la Chambre d’agriculture sera opérationnelle en septembre 2018, à côté d’une légumerie. Elle est constituée sous forme de société coopérative d’intérêt collectif, et permettra de mettre en lien les producteurs et les collectivités du territoire. Je crois que cette initiative locale est exemplaire pour atteindre l’objectif de l’article 11 pour soutenir les filières locales via le levier de la commande publique.

 

Dans la mise en œuvre de cet article, nous devrons cependant veiller à accompagner suffisamment les personnels de la restauration dans la transition vers le bio et la qualité. La formation des gestionnaires, des acheteurs publics, des cuisiniers et des personnels de la restauration collective publique constitue un levier essentiel pour la réussite de la réforme. Sur les territoires, des modules de formation sont déjà proposés dans les institutions de formation, les lycées professionnels, en lien avec la chambre des métiers.